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Helene-Sarah Becotte

Le plus gros problème des créatifs


Le truc que je parle probablement le plus souvent en lien avec l'atteinte de sa qualité de vie en tant qu'entrepreneur, c’est à quel point c’est important de respecter son horaire de travail maximal et de ne jamais faire d’heures supplémentaires.

(bon, ok des fois ça arrive de devoir en faire des heures sup mais ça devrait être exceptionnel et pas la norme)

Pour y arriver, je compartimente mes différentes tâches en catégories et je m’arrange pour que tout balance entre l’horaire et les attentes de rentabilité de l’entreprise.

C’est vraiment le concept fondamental en arrière de mes outils de Budget-Temps.

Pis c'est pour moi, la clé pour pleinement se prioriser, pour protéger sa qualité de vie.

Ça vient aussi avec l’importance de calculer/prévoir ses heures facturables. Ou heures de production comme je préfère souvent les appeler.

Sauf que là.

Quand tu fais du travail créatif.

Que tu as besoin parfois de longues heures pour penser à un projet. Mais que dans d’autres cas, ton cerveau fait de la supervitesse et te rend le résultat si rapidement que t’as pas le temps de cligner des yeux.

Ben est-ce que ça implique que la notion d’heures facturables n’est pas applicable?

Que c’est impossible d’estimer/calculer la charge de travail liée à ta productivité?

Déjà, je t’annonce ma position: ça se calcule.

Sauf que ça implique d’abord de voir les feuilles de temps sous un autre œil.

Voici une citation (traduite en français) provenant d’un article scientifique qui a étudié spécifiquement de l’utilisation du concept d’heures facturables dans les industries créatives:

Une heure de travail d'un consultant n'est certainement pas équivalente à une heure de travail d'un autre consultant. D'ailleurs, deux heures différentes du même consultant sont rarement équivalentes". Pourtant, la pratique des heures facturables repose sur l'hypothèse de la comparabilité.
Malgré les difficultés rencontrées par les créatifs pour remplir leurs feuilles de temps en raison de l'incompatibilité de leur travail avec les mesures en vigueur, les agences participant à l'étude de cas ont mis en place des régimes disciplinaires pour contraindre les designers à remplir leurs feuilles de temps.

L’idée de calculer le nombre d’heures facturables, dans l’optique d’accumuler des revenus ou d'atteindre des objectifs fixés, est toxique.

Le problème à mon sens n’est pas l’utilisation de la feuille de temps tel qu'il est souligné dans l'article, mais son interprétation et les pratiques managériales l’entourant.

Ce que je te propose, c’est plutôt de voir la feuille de temps comme outil pour protéger ta ressource la plus essentielle: tes humains (ou toi-même si tu es solo).

Pas à la surveiller. Ni à la contrôler.

C’est de t’assurer que les humains aient amplement l’espace mental pour réaliser leurs tâches, sans finir par faire des heures supplémentaires.

Et qu’en contrepartie, cette quantité d’heures facturables réalisées soit suffisante pour leur verser des salaires intéressants et offrir un environnement de travail stimulant.

Faire des heures facturables = avoir l’argent pour payer ses ressources.

Pour réussir à mettre un chiffre sur la durée de temps du travail créatif, ça vaut la peine de décomposer tout ce que ça implique.

Même le travail le plus créatif qui soit comprend toujours une portion de travail pratique.

Un artiste doit rêver/imaginer/incuber son œuvre, puis la planifier, puis la réaliser.

Respecter ces trois étapes - et leur allouer du temps - est à mon sens primordial pour encadrer et protéger le temps des créatifs.

Petite parenthèse sur Frank Gehry, l’architecte qui a réalisé le musée Guggenheim Bilbao.

Lui, il passe un temps CONSIDÉRABLE à planifier.

Je te cite un extrait d'un article paru dans le Harvard Business Review à son sujet:

Le Guggenheim Bilbao [...] a été construit en quatre ans - exactement comme prévu - parce que Gehry et son équipe ont passé deux ans à réfléchir et à simuler chaque détail, construisant en fait le musée sur ordinateur avant de le construire dans la réalité.
Le processus de planification de Gehry peut prendre beaucoup de temps et sembler lent, mais dans l'ensemble, son approche est beaucoup plus rapide. […] Relativement parlant, la planification est bon marché, la réalisation est coûteuse. Et prendre le temps de réfléchir à la conception signifie que l'on peut agir beaucoup plus rapidement par la suite.

C'est fou pareil. Et c'est ÇA qui le distingue des autres architectes, dans une industrie dans laquelle les dépassements d'échéancier et de budget sont presque la norme.

Dans n’importe quel mandat, les heures facturées au client devraient donc inclure:

• heures d’idéation

• heures de planification

• heures de réalisation

Pour la simple raison que ces trois étapes sont cruciales pour la réalisation de la prestation de services.

On peut se mettre d’accord que quand tu considères les trois catégories d’heures que j’ai mentionnées plus haut (idéation, planification, réalisation), la créativité rentre presque exclusivement dans l’idéation.

Tu peux estimer la durée que ça va prendre de planifier. C’est relativement straightforward comme processus.

Tu peux estimer la durée que ça va prendre, de réaliser ton mandat une fois que tu as toutes les informations, que ton cerveau a réfléchi, etc. C’est plus facile à estimer parce qu’on part du fait qu’on sait ce qu’on a à faire.

Évidemment, c’est possible de tomber sur de gros imprévus, mais si tu fais une bonne planification, tu limites le risque que ça arrive.

Donc, si le facteur “créativité” est condensé dans les heures d’idéation, ça restreint le problème.

L’affaire avec la créativité, c’est qu’elle ne se passe pas nécessairement devant un ordinateur. Oui tu peux faire des brainstorm en tête à tête avec ton client. Oui tu peux monter des moodboards. Oui tu peux explorer des données, à la recherche de pistes de solutions (mon genre d’activité).

Mais y’a aussi une grande partie qui se fait en travail diffus.

Tsé les moments où tu sirotes ton café en regardant par la fenêtre pis que ton cerveau pense à tout et à rien et que BAM, l’idée du siècle s’amène à toi et tu viens de dénouer le crux de ton client drette là.

Ça aussi ça fait partie du travail créatif qui est essentiel pour réaliser tes mandats.

Maintenant, comment faire pour calculer cette fameuse portion d’idéation ou de travail purement créatif?

J’ai différentes manières à te proposer! Pour les lire, c'est par ici :)

J'espère que ces petites réflexions t'ont plu, je te souhaite une super journée et à bientôt!

Helene-Sarah

Fondatrice, GRISDD

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Helene-Sarah Becotte

Ici je te partage (avec une touche de calculs) mes expériences d'entrepreneuriat, des lectures business pertinentes, des études de cas et même des outils gratuits 👀

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